Hôtel Waldheim

« Je laisse aller les images, ça ne s’arrête plus, qu’est-ce qui m’arrive? Un étranger non identifié a ce  pouvoir, avec deux bouts de carton ringards, de déclencher chez moi une sorte d’enquête sur mes vacances de petit prétentieux minable de la fin des années soixante-dix. Et j’ai l’air d’y trouver mon plaisir. Des sensations auxquelles je ne pensais plus  depuis longtemps m’agitent, alors qu’elles ont une  valeur toute secondaire, l’ordinaire d’un adolescent en virée provisoire à l’étranger »

La mystérieuse réception de cartes postales – épistolaire quand tu nous tiens… – plonge le narrateur dans ses années d’adolescence et les séjours qu’il faisait, en Suisse, avec sa tante Judith, en l’hôtel Waldheim.

Un peu perdu au milieu d’adultes excentriques, voire indifférents, l’ado tuait le temps  en jouant aux échecs ou en lisant  La Montagne magique ( de Thomas Mann)

Rien que de plus banal de toute évidence.

Que du contraire: à l’aune des révélations que va lui faire la jeune et fascinante Frieda Steigl , le narrateur découvre qu’il fut alors  un chien dans un jeu de quilles, manipulé par des factions opposées.

Plaque tournante d’une filière  facilitant l’échappée d’intellectuels d’Allemagne de l’Est, l’hôtel était surveillé par la STASI.

Frieda Steigl veut connaître le fin mot de la disparition de son père –  historien est-allemand –  elle a épluché les archives numérisées de la STASI.

La relation des faits, telle que consignée va purger la mémoire du narrateur de sa nébulosité, lui offrir un interprétation neuve des événements, conférer au roman une allure de thriller..

A Elter

Hôtel Waldheim, François Vallejo, roman,  Ed. Viviane Hamy, août 2018, 304pp

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