Les lettres d’Esther

 »  Les lettres ont-elles ce pouvoir de créer un lien particulier entre ceux qui les écrivent? »

Tel est l’enjeu de ce formidable roman à vocation ..épistolaire

Et la réponse est oui. Bien évidemment

Vous saisissez comme je fus attirée par le propos, consciente dans le même temps de la difficulté de maintenir une tension narrative  dans un roman constitué d’échange de lettres

Et bien, c’est tout gagné.

Créé à l’initiative d’Esther Urbain , une libraire quadragénaire, l’atelier épistolaire va mettre en « correspondance » des hommes et femmes d’âges et d’univers radicalement différents:   Jean homme d’affaires, quinquagénaire désabusé, Jeanne,  sexagénaire solaire, veuve inconsolée, Juliette et Nicolas, un couple dévasté par la naissance d’Adèle et l’impossibilité pour  Juliette d’assurer sa maternité, Samuel, un ado en  légère perdition, percuté par la mort de son frère aîné.

Obéissant aux consignes d’Esther, les épistoliers vont s’écrire, confiant peu à peu au papier et aux destinataires de l’atelier ,  les questions existentielles qu’ils se posent à ce moment de leur vie.  C’est leur âme qui jaillit peu à peu de leur plume. La glace se brise rapidement et chacun des scripteurs prend le risque de « sortir de sa zone de confort »

Et dé réaliser la force bénéfique sinon thérapeutique de mettre des mots sur leur mal-être et de donner une place au temps, à la lenteur -relative –  du transit postal

Sortis de la notion d’immédiateté, les propos s’inscrivent avec force sur le papier

Avec bienveillance. Humanité

Une lecture hautement recommandée

Apolline Elter

Les lettres d’Esther,  Cécile Pivot, roman, Ed Calmann-Levy, aût 2020, 270 pp

 

 

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