Maggie- Une vie pour en finir

Elle s’appelait Maggie et elle était très belle, si j’en juge d’après les quelques photos qui ont surnagé suite au naufrage de son existence. »

 » Fruit [du] suicide » de sa grand-mère maternelle,  Maggie Sowerbutts, l’historien Patrick Weber est parti sur ses traces, à Altrincham,  dans la région  du Grand Manchester (UK)

Il s’est fondu  dans sa peau pour restituer le récit de sa vie, resituer le contexte, les deuils  qui l’ont amenée à y mettre fin, le 5 octobre 1964

Née en 1897,  au sein d’une famille modeste et digne et d’une fratrie nombreuse, Maggie oeuvre comme infirmière durant la Grande Guerre. Elle rencontre ainsi l’homme de sa vie, Joseph Aerts, un soldat belge, blessé au début des  combats, qu’elle épouse sitôt la guerre finie.  Son arrivée en Belgique s’accompagnera d’un sentiment d’extranéité dont elle ne pourra jamais se départir.

Veuve à 37 ans, elle ajoute au malheur de ce deuil, celui du décès de Charles, son fils aîné et chéri,  résistant, arrêté par les Allemands  le 29 octobre 1941 et décédé le 14 juillet 1943 sans qu’elle ne l’ait jamais revu

Le mariage de sa fille Joyce avec Stéphane Weber – futur  père de Patrick  – et la chaleur dont le couple l’entoure ne réussissent pas rendre à Maggie  le goût de la vie. D’autant que la stérilité supposée de sa fille la privera du petit-fils espéré…

« Ce 13 avril 1949, j’eus clairement le sentiment que je m’engageais sur une nouvelle voie de chemin de fer. Ce n’était pas celle qui m’avait menée d’Altrincham à Manchester, à la découverte de l’homme de ma vie. Ce n’était pas non plus celle qui avait conduit mon fils Charles là-haut, pour mourir dans les marais du nord de l’Allemagne. »

Conscient qu’il doit sa venue au monde au bouleversement induit par le suicide de Maggie, Patrick Weber lui rend un hommage lumineux, par moments bouleversant, éminemment gratifiant.

Maggie, Une vie  pour en finir,  Patrick Weber, roman, Ed. Plon, septembre 2018, 396 p

Patrick Weber donnera une conférence, ce samedi 1er décembre  à 16h30 , intitulée  » Maggie, femme dans la guerre »

Au coeur du Salon  » Ecrire l’Histoire »  qui se déroule, ces 1er et 2 décembre, de 14h à 18h,

Au Cercle Royal Gaulois, rue de la Loi 5, 1000 Bruxelles (à côté du Théâtre du Parc)

www.ecrirelhistoire.com 

Billet de faveur

AE:  » Une vie pour en finir » – le sous-titre du  récit est énigmatique. Pouvez-vous nous en toucher un mot..

Patrick Weber : Ce titre est volontairement mystérieux. Il dévoile le secret de famille avec lequel je vis depuis mon enfance et en même temps, il ne dévoile pas vraiment la fin du livre. Il est important pour moi ce sous-titre parce qu’il m’a appris que ma grand-mère a eu une vie avant d’avoir une mort. Quand la tragédie s’empare de la vie, on a parfois tendance à n’en retenir que la mort. Maggie a été heureuse. Et je suis heureux de l’avoir découvert.

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