Khalil

« J’étais la lie de l’humanité, Rayan, un putain de zonard sans devenir qui ne savait où donner de la tête et qui attendait que le jour se lève pour courir se refaire dans une mosquée. Et la mosquée, plus qu’un refuge, m’a recyclé comme on recycle un déchet. Elle a donné une visibilité et une contenance aux intouchables que nous étions, Driss et moi, nous a sortis du caniveau pour nous exposer en produits de luxe sur la devanture des plus beaux édifices.
C’est ça, la vérité, Rayan. La mosquée nous a restitué le RESPECT qu’on nous devait, le respect qu’on nous avait confisqué, et elle nous a éveillés à nos splendeurs cachées … »

Paris –  vendredi 13 novembre 2015

Les attentats effroyables,  perpétrés par les suppôts de l’Etat islamique restent présents dans tous les esprits.

Yasmina Khadra décide de nous présenter leur logique de l’intérieur, via  le récit du kamikaze Khalil, le narrateur, tout acquis à leur cause.

Avec son ami d’enfance Driss, Khalil quitte Molenbeek pour Paris.

Ce faisant, il nous fait vivre l’attaque ratée d’une rame de RER, proche du stade des Bleus  – pour cause de défaut de ceinture d’explosifs.

Khalil s’enfuit, se cache, vit d’expédients, de petits métiers et de réflexions existentielles sur son enfance, sa famille, sa condition.

« Un pays ne se construit pas sur l’identité mais la citoyenneté. »

Khalil, Yasmna Khadra, roman, Ed. Julliard, août 2018, 260 pp

 

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