L’or du chemin

 » L’hiver dura huit ans. Huit ans durant lesquels, après les éléments, je confiai aux hommes rencontrés au hasard des chemins le soin de décider de ma vie. La souffrance ayant brûlé mon ressentiment avec mon amour et ma révolte avec mon espérance, ils n’avaient plus le pouvoir de me blesser et je n’avais plus la prétention de les juger. Maçon, charpentier, bûcheron ou vendangeur: j’acceptais n’importe quel métier pourvu qu’il me renvoie à l’anonymat et me concasse le corps tout en me laissant l’esprit vacant. « 

Récit d’une renaissance, celle de Giovanni,  peintre de la … Renaissance italienne, le roman se présente sous la forme d’une longue lettre adressé à un  mystérieux destinataire.

L’identité de ce dernier donne sens à la vie de Giovanni,  l’inscrit – ainsi que le récit – dans une perspective de transmission.

Natif de Florence,  Giovanni est un « peintre-né » selon l’expression de sa mère.  D’abord inscrit dans la mouvance de Giotto, il est amené à paroucir l’Italie,  à rencontre Brunelleschi, Masolino, Masaccio, …tandis que son âme se consume d’avoir perdu Leonora, sa femme,  arrachée à son amour avec une violence inouïe.

Fresque subtile et rafiinée  d’une quête intime, la lettre transcende le carcan de son époque  pour nous envelopper d’une  lumière bienfaisante.

A. Elter

L’or du chemin,  Pauline de Préval,  roman, Ed. Albin Michel, février 2019, 140 pp

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