Ce que je sais de Vera Candida

Ce que je sais de Vera Candida

 

Vous le confessez, vous ne connaissiez pas Véronique Ovaldé.

Vous vous demandez pourquoi ce roman, au titre quelque peu incongru, est porté aux nues, les blogs rivalisant d’éloges et de superlatifs.

Vous abordez le livre, l’esprit libre: pas du tout votre genre de céder aux engouements collectifs.

Oui mais voilà. Vous ne résisterez pas. Tout est beau dans ce roman: l’histoire qui raconte, à travers Vera Candida, le destin de quatre femmes, sa grand-mère, sa mère, sa fille et ce village sud-américain imaginaire de Vastapuna que l’héroïne retrouve, alors qu’elle se sait condamnée par un cancer. Le souffle narratif qui parcourt le récit, tel un conte et qui soutient un rythme, jamais démenti. Le »phrasé ovaldien’ qui procède par ricochets et fait fi de l’indirect et des  subordonnées. Les portraits, brossés par petites touches suggestives, maniés de tendresse et de détails réalistes, qui mènent loin l’art de l’introspection..Et puis quelques traits d’humour, savamment dosé, qui allège la densité de certaines scènes, l’effet, par trop émouvant de beaucoup d’autres…

« Les deux types qui s’approchèrent d’Itxaga étaient plutôt gringalets mais le 357 Magnum qu’ils portaient à leur ceinture leur conférait une incontestable autorité. »

« Et Lila répéta, renifla, et tout ce qu’elle disait était comme perdu dans l’humidité de son corps, ses larmes, sa morve, son sang, tout paraissait se recueillir là dans le creux de l’épaule de Véra Candida. »

« …elle soupire  à chaque pas, ne sachant pas encore ce qu’elle doit faire de son désarroi maintenant que le lieu de repos sur lequel elle s’était fixée n’existe plus. »

Ce que je sais de Vera Candida, c’est que c’est un pur bijou.

Apolline Elter

Ce que je sais de Vera Candida, Véronique Ovaldé, Ed. de l’Olivier, août 2009, 296 pp, 19 €