Tandis que la forêt de Fontainebleau , joyau du patrimoine français, se voit mutiler par la vente de lots, George Sand soutient le mouvement des artistes qui demande de la classer parmi les « monuments nationaux »
Elle va même au-delà de la requête. Par une lettre ouverte, datée du 6 novembre 1872, véritable manifeste de sauvegarde de la forêt et de ses arbres, l’écrivaine entend, intime (d’) ouvrir la beauté de la nature à toutes les classes sociales, sans imposer le sas du prisme artistique.
« Tout monde n’a pas le goût de l’essayer, mais tout le monde a droit à la beauté de ces choses, et il y a beaucoup plus de personnes capables de la sentir que d’artistes intéressés à la traduire. (…) Tout le monde a donc droit à la beauté et à la poésie de nos forêts, de celle-là particulièrement, qui est une des belles choses du monde, et la détruire serait, dans l’ordre moral, une spoliation, un attentat vraiment sauvage à ce droit de propriété intellectuelle qui fait de celui qui n’a rien que la vue des belles choses, l’égal, quelquefois le supérieur de celui qui les possède. »
Un éveil qui doit être stimulé dès le plus jeune âge.
Et d’insister combien » les forêts séculaires sont un élément essentiel de notre équilibre physique »
Nous devons transmettre aux générations suivantes ce don reçu de nos aïeuls
Véritable mise en garde contre l’épuisement des forêts- notamment pour les besoins de combustibles – le détournement des forces de la Nature, le texte résonne d’une actualité singulière.
A moi de vous enjoindre de le (re) lire
Apolline Elter
La forêt de Fontainebleau, George Sand, manifeste, 6 novembre 1872 – Ed. Actes Sud, coll. » Le souffle de l’esprit », septembre 2026, 32 pp

