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La solitude des professeurs est infinie

17 octobre 2026

« J’ai longtemps eu cette phrase en tête lorsque j’allais faire cours et cette phrase était mon mantra: La solitude des professeurs est infinie. »

Revenant sur ses jeunes années de professeur au collège – eût-il mieux valu le lycée?  Non pas – Yannick Haenel as Jean Deichel se souvient avec précision  des états de coeur et d’âme qu’il a connus, endurés, célébrés, à l’entame d’une  carrière de neuf années.

Affecté au collège Saint-Exupéry, dans les Yvelines, le jeune homme se sent rapidement à sa place – celle de transmettre l’amour de la langue française et de la littérature –  malgré les mesquineries d’aucune collègue et l’épuisement mental et physique que suscite la fonction.

Vous l’avez compris, j’ai tout de suite adoré faire cours.

Un événement de fin d’année va impacter drastiquement la trajectoire amorcée, les vacances annoncées et même la suite de sa vie.

C’est ici qui commence réellement mon histoire-

Et le narrateur d’opter pour un nouveau mantra:

« Quand on a commis une faute, et qu’elle reste un mystère, il vaut mieux l’aggraver » 

Un mantra qu’il décline avec cette fougue désarmante, les envolées littéraires passionnées qui font le piment du récit avant de… décliner dans une sorte de dépression, drame de solitude et de manque de sollicitude.

Sondant avec ardeur et acuité la beauté de la vocation  pédagogique, ses paradoxes, angoisses, montagnes russes émotionnelles et  les violences subies par le corps enseignant, le narrateur fait oeuvre – et même chef-d »oeuvre – primordiale:

 » La vie des profs est une expérience qui doit être partagée; personne ne se rend vraiment compte de ce qui se passe dans une classe »

Mission accomplie.

 » (…) il faut être fou pour être prof (je dirais même pour être un bon prof). »

Une folie qu’il nous faut considérer.

De grande urgence

Apolline Elter

La solitude des professeurs  est infinie, Yannick Haenel, roman, Ed. Gallimard, août 2026, 316 pp- Ecoutez lire, août 2026 – texte intégral lu par Loïc Corbery  – Durée d’écoute 7  h  13 min.

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