» Nous sommes faits de rythmes lents. Et l’urgence imposée dans ce bas monde n’est pas faite pour nous mais pour l’acier »
Double avis de tempête en effet pour la naissance de Valério, as Pulcino, le narrateur de ce joli roman: il naît le 9 janvier 2007, propulsé sur le siège de l’Alfa Roméo paternelle, bloquée par la neige, le jour même de la naissance de l’Iphone et de la révolution technologique qu’il représente.
Sa destinée en sera grandement impactée.
Confrontant les années d’enfance de Valério à la progression inéluctable des réseaux sociaux et plateformes de communication et de vente en ligne – Facebook, Instagram, Twitter, …. des performances d’Apple et des générations d’Iphone, les chapitres s’égrènent, dynamiques, portés par le prisme d’un regard enfantin – singulièrement mature – et de l’amour qu’il voue à sa mère, Lucia Rigatti.
Cette dernière est originaire des Pouilles – « Pulcino » passera quelques vacances chez ses grands-parents maternels – et meuble ses journées d’une activité dense et ininterrompue. C’est elle qui porte le foyer à bouts de bras. D’autant que son mari décède en 2011, « broy[ant ]contre un arbre « son Alfa chérie, objet de toutes ses attentions et de funestes accélérations.
« Comment annonce-t-on ces choses-là à un petit garçon?
Que son père est mort’
Pétri de dialogues toniques, d’images éloquentes, métaphores inventives, sentences brèves, percutantes, du prisme frais, efficace d’un regard enfantin et de l’amour immense qu’il voue à sa mère, le roman est un bijou de lecture.
De nostalgie aussi :
« Personne ne m’avait dit qu’il faudrait sortir de l’enfance. Qu’elle n’était qu’un hébergement provisoire et qu’un beau jour, on pouvait recevoir un avis d’expulsion. »
Je vous le recommande vivement
Je suis né dans la tempête, Jérôme Colin, roman, Allary Editions, août 2026, 288 pp

