« Mais tu vois, ce n’est pas si grave : tant que je pourrai raconter leur histoire, toutes ces choses ne seront pas vraiment perdues »
Ainsi se conclut, « s’excipite » l’exquis roman de Clémentine Mélois, sorte de longue lettre qu’Emilie adresse à Tristan, son désormais ex-compagnon, après sept années de cohabitation.
« ´Il suffit de peu de choses pour habiter un espace, et de presque rien pour le rappeler à l’anonymat : cet endroit vide m’’était devenu étranger «
Tandis qu’elle emballe, dans des journaux, les effets de son appartement, en vue d’un imminent déménagement, la narratrice se laisse entraîner par les souvenirs attachés aux objets, … les photos et légendes des coupures de presse.
De digressions en fines observations, évocation de souvenirs, de scènes truculentes, quand ce ne sont des révélations culturelles, Emile réjouit sa solitude – et nous aussi – d’une autodérision hyperbolique et d’un humour irrésistible. Le tout agrémenté de joyeuses métaphores, d’images des plus éloquentes.
« ´En se posant sur un caillou, l’histoire, en fait une pierre précieuse »
C’est tout l’enjeu du roman.
Je vous en recommande instamment la lecture
Apolline Elter
Choses que je croyais perdues, Clémentine Mélois, roman, Ed. Gallimard – coll. L’arbalète – août 2026, 176 pp- Ecoutez lire, août 2026, texte intégral lu par Claire de La Rüe du Can- durée d’écoute : 2h 42 min
