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Mardi-tes-nous Eric-Emmanuel Schmitt

14 juillet 2026

Président et directeur artistique du Festival de la correspondance de Grignan, Eric-Emmanuel Schmitt a fédéré, animé, insufflé âme à une trentième édition d’exception.

Sous l’égide de Marie de Sévigné et de ses quatre cents printemps,  le festival offrait tribune à des épistoliers emblématiques de leurs époques et ce furent tant de bouquets d’artifices offerts à nos esprits ébahis.

Je vous reviendrai au fil des semaines (et mois) en notre rubrique épistolaire du mardi sur des rencontres marquantes et les précieuses notes engrangées, me contentant, pour l’heure de (tenter de) résoudre une énigme: celle qui fait la magie d’un festival hors du commun.

Fondé voici trente ans par Bruno Durieux, ancien Ministre d’Etat et Maire de Grignan, le Festival a vu se succéder des directions artistiques exigeantes, impliquées et animées d’une volonté de transmettre des pépites à un public nombreux et varié. Anne Rotenberg, Julia de Gasquet et, depuis 2022, Eric-Emmanuel Schmitt portent de plume affable et de rigueur, le ministère de la correspondance.

Appel est fait à des adaptateurs de textes chevronnés, Virginie Berling, Séverine Vincent, Françoise Hamel, Raphaël Lucchini; Agnès Akérib; Albert Algoud – auxquels je me joignis cette année avec liesse – des metteurs en scène inventifs, Stéphan Druet Toukaïeff, Didier Long, Didier Brice, Charles Templon, notamment  – des comédiens investis, malgré notoriété, et agenda surchargé,  Thierry Frémont, Franck Desmedt, Gwendoline Hamon, Stéphan Druet Toukaïeff, Agustin Galiana, Claude Aufaure, Marie-Christine Barrault, Christelle Reboul,  Elodie Frégé, Samuel Labarthe, Maxime d’Aboville, Julia Piaton,  Macha Méril, Francis Perrin, pour ne citer que cette palette et des entretiens durant les journées menés avec brio et professionnalisme par Catherine Lalanne et Pascal Schouwey, micro tendu aux personnalités académiques et néanmoins accessibles que sont Raphaël Enthoven, Geneviève Haroche-Bouzinac, Eric-Emmanuel Schmitt, Nathan Devers, Frédéric Maget, Jean-Michel Blanquer… prodigieusement intéressants.

La présence par trop humble de l’immense Jacques Rouveyrollis prêta aux éclairages des spectacles sa signature d’envergure.

Discrètement, efficacement orchestré par Pierre Cordier (attaché de presse et de programmation)  Laura Mollon (logistique) qui abattent un travail colossal, le festival est relayé allègrement sur les réseaux par Laetitia Heurteau en charge de la communication. Sans oublier la souriante Radio du Cinéma animée par Patrice Caillet  et Amandine Bacconnier et ses interviews chaleureuses.

Et les rencontres et spectacles de se voir illustrer à l’encre de Chine de « croquis sur le vif » et extraits jaillis du talent extraordinaire d’Elsie Herbestein  (A suivre!)

Le tout – rencontres, accueil des participants, cantine des invités et leurs « after »  – diligenté par une armada de bénévoles, dévoués, souriants malgré un thermomètre particulièrement ardent, des journées denses et longues.

La musique n’est pas en reste qui propose deux concerts quotidiens- à 12 h et 18 h –  sous l’impulsion de Gilles Durieux et de la Chambre 7  et qui ouvrit, l’édition spéciale de 2026 d’une représentation de Ninon chez Madame de Sévigné opéra comique d’Henri Berton (musique) et d’Emmanuel Dupaty (livret) créé en 1808 et miraculeusement extrait de l’oubli par Bruno Durieux, l’orchestre de chambre de la Drôme et une distribution idoine. Gageons qu’il ne restera pas lettre morte.

Réjouissons nous aussi que la lecture inaugurale et d’ampleur,  portée par la correspondance d‘Eric-Emmanuel Schmitt et de Nathan Devers (photo) sur le thème « Aimer son époque ou pas » sera reproduite  dans la collection – en gestation – Je  vous écris de Grignan  (Ed Albin Michel)

Pour l’heure vous pouvez encore acquérir le texte de certaines lectures, éditées par la maison Triartis (Martine Malinski)  dans sa jolie collection colorée  » Scènes intempestives à Grignan » 

Je vous reviens sous peu pour un compte rendu des « Plis-que-niques »© au château de Grignan,  avec la facétieuse participation de Marie de Sévigné et de bien sympathiques participants et celui de la lecture-spectacle des lettres de Louise de Vilmorin si magiquement portée par Gwendoline Hamon et Stephan Druet Toukaief-  Merciiiii, ce fut un vrai cadeau de Noël

Vous découvrirez d’autres billets au fil des semaines, tant il est vrai, comme le proclamait  Claude Monet  au sujet du célèbre Café Guerbois,  qu’au Festival de la Correspondance de Grignan, « on fait provision d’enthousiasme »

Une véritable addiction: découvrir le festival, c’est y adhérer- le public ne s’y trompe pas qui allie à une vraie exigence culturelle, une bienveillance à tout crin.

Et se promet d’y revenir l’an prochain

C’est cela la magie de Grignan

Apolline Elter

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2 réflexions au sujet de “Mardi-tes-nous Eric-Emmanuel Schmitt”

  1. Monsieur le Président et Directeur artistique,

    Au terme de la trentième édition du Festival de la Correspondance de Grignan, je tiens à vous adresser mes plus sincères félicitations et ma profonde gratitude. Cet anniversaire a célébré bien plus qu’un simple jalon : il a consacré un art de la rencontre que seule l’écriture sait susciter avec une telle force. Dans un monde où les mots circulent souvent à la vitesse de l’instant, votre festival est demeuré, cette année encore, l’un des rares espaces où ils retrouvent leur portée, leur souffle et leur éclat.
    Sous le ciel de Grignan, écrivains, artistes et festivaliers ne se sont pas contentés de se croiser ; ils sont entrés en résonance. Les lettres sont devenues des passerelles, les lectures des confidences partagées, et les silences eux-mêmes ont prolongé le dialogue. Chacun y a apporté sa voix, son imaginaire, son histoire, contribuant ainsi à faire vivre la langue française dans ce qu’elle a de plus précieux : sa capacité à relier les êtres.
    Bien au-delà de l’excellence de votre programmation et de la qualité remarquable de votre organisation, qui font de ce rendez-vous une référence, le Festival de la Correspondance a offert une expérience profondément humaine. Il a rappelé que la littérature n’est pas un refuge hors du monde, mais une manière de l’habiter avec davantage d’attention, de délicatesse et de vérité.
    Les frontières s’y sont estompées : celles des pays, des générations, des disciplines, parfois même celles qui séparent l’intime de l’universel. Une lettre traverse toujours bien plus qu’une distance ; elle franchit les peurs, les préjugés et les solitudes. Elle a ouvert un espace où l’autre n’était plus un inconnu, mais une présence à accueillir.
    En cette trentième édition, votre festival nous a rappelé avec une grâce rare que la plus belle correspondance est peut-être celle qui s’écrit d’âme à âme. Tant qu’il existera des lieux où les mots rassemblent au lieu de diviser, où la beauté de la langue devient un langage commun, l’humanité conservera l’une de ses plus précieuses espérances.
    Car ici, la littérature n’a pas seulement célébré les lettres ; elle a célébré les êtres. Et c’est sans doute là, bien au-delà de toutes les frontières, sa plus belle victoire.

    Avec toute ma gratitude, je vous adresse, Monsieur, mes salutations les plus respectueuses.
    Martine Marsat (Festivalière)

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