L’inconnue n’en n’est pas une.
Quelques heures après la découverte de son cadavre, le 7 septembre 1949, au Quai de Javel (actuel Quai André-Citroën) à Paris, la police avait identifié ses empreintes digitales. Il s’agissait de Louise, dite Lise Cansot (1920-1949) modèle de peintres de Montparnasse, à l’instar de la célèbre Kiki.
On n’a jamais élucidé le mystère de son assassinat.
Auto-promu Maigret – il a (re)lu quasiment toute l’oeuvre de Georges Simenon – entendez les 75 ouvrages dont le fameux commissaire est le héros – Philippe Jaenada va mener sa propre bl-enquête (trop tentant comme jeu de mots)
Une bl-enquête d’une minutie absolue, ne négligeant aucun détail, aucune digression, au départ de ce fait incontesté et basique, datant de bientôt 77 ans :
« Louise Cansot est morte le mardi 6 septembre 1949 aux alentours de 22 heures, elle a été frappée et étranglée. »
Imprégné de Maigret, le romancier s’imbibe également de Lise, traquant ses connaissances, amants, famille, … et surtout le mobile du crime. Il se rend à Tréguier, son lieu de naissance, visionnant charnellement, telle Marguerite Duras, dans l’affaire Villemin, la présence de Lise en ces lieux.
A l’exploit de l’enquête et d’observations amènes, agréables, intéressantes, par moments drôles et teintées d’auto-dérision, ajoutons celui du lecteur, de parcourir les 528 pages du récit, de l’auditeur? d’enchaîner plus de 21 h d’écoute (plus digestes, dois-je avouer, en mode accéléré ) et du comédien Bernard Métraux qui rend à merveille, quand le texte l’impose, l’accent typique des chroniqueurs des années 50
A. Elter
L’inconnue du quai de Javel, Philippe Jaenada, roman, Ed. Flammarion, août 2026, 528 pp – Ed. Gallimard – Ecoutez Lire, août 2026 – texte intégral lu par Bernard Métraux, durée d’écoute 21 h15 min.
