Nuit sur la neige

 » (…) grâce à un ami de son père, un jésuite français, il avait obtenu une place à Verbiest, en prépa.

L’écoutant, et surtout m’adressant à lui, j’avais l’impression d’être un gosse. Je posais des questions naïves, je disais des choses si frustes qu’il ne pouvait pas toujours retenir un air étonné, un quart de seconde, l’amorce d’un sourire. Je me sentais idiot. Mais je devais être habitué à l’affection inconditionnelle de mes aînés. Je n’étais pas humilié par lui. »

Saisi de fascination et bientôt d’amitié pour Conrad, un nouvel et énigmatique  élève en « prépa » du prestigieux internat jésuite Verbiest, Robin, le narrateur, l’intègre bientôt dans sa vie de famille.

Orphelin de père – mort à la Grande Guerre avant sa naissance – Robin vit avec sa mère, au milieu de ses cousins et de ces années trente qui s’acheminent vers la Seconde guerre.

 » Pourquoi a-t-il fallu que je me lie à lui (…) Ma  vie entière en a été meurtrie »

Conrad mène grand train de vie mais ne voit guère ses parents, séparés. Il invite Robin à skier du côté de Saint-Moritz; en retour, Robin le convie, durant les vacances de Pâques;  dans un village d’accès difficile,  nommé, Val d’Isère,  convoité par des promoteurs pour en faire une station de ski…  Les Avalins bénéficient d’enneigement jusque mai.

La chute de neige trop abondante   les confinent un premier temps dans un  modeste hôtel du hameau. Robin se prend d’attrait pour Clarie, une jeune vacancière, fascinée à son tour par Conrad.

Lorsque le trio part skier,le premier jour du beau temps revenu, il  est surpris par le déferlement d’une avalanche…

De facture classique, d’écriture précise, maîtrisée, ce  court  roman enveloppe la lecture d’une atmosphère envoûtante, bienfaisante.

A Elter

Nuit sur la neige, Laurence Cossé,  roman, Ed. Gallimard, août 2018, 144 pp

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