Mar-dites-moi Béatrix Beck

A tout seigneur tout honneur, c’est grâce aux mails hebdomadaires de la Fondation de la Poste, les « Florihebdos », que je dois la découverte de l’écrivain Béatrix Beck (1914-2008) et de l’ouvrage publié, avec son soutien, auprès des éditions du Chemin de fer, Devancer la nuit, suivi de la correspondance avec Roger NImier.

Une correspondance concise, tonique, caustique, corrosive .. pudique paravent des sentiments amicaux que se portent les écrivains 

Elle commence à la fin de l’année 1952, veille de l’attribution du Prix Goncourt à Béatrix Beck pour son roman, Léon Morin prêtre (Ed. Gallimard, 1952) 

Le roman, je vous le disais (billet du jeudi 4 juin) fut porté au cinéma en 1961  par Jean-Pierre Melville 

L’écrivain ne croit pas un instant qu’elle sera l’attributaire du plus prestigieux des prix littéraires 

Et pour cause, elle est femme, elle est belge et le prix Femina vient tout juste d’être attribué à une autre Belge, son aînée d’un an,  l’écrivain Dominique Rolin (1913-2012)   pour son roman, Le souffle, ( Ed. Le Seuil, 1952) 

Elle le signifie tout de go: 

[Sans date, fin novembre 1952]

Si vous aviez pris le temps, cher Roger Nimier, d’attendre le résultat du Femina avant de m’écrire, vous auriez vu que seul un mâle pouvait décrocher le Goncourt, sans quoi,on accuserait la littérature française d’être tombée en quenouille (…)

La suite de la correspondance, je vous invite à la découvrir dans le recueil et la lecture d’extraits subtilement opérée par Nathalie Jungerman ( Fondation de la Poste – Florihebdo n° 11)  sur fond musical de Harbor Light Rag de Goodbye Kumiko . Fermez les yeux et téléportez-vous, en songe,  à Grignan, et à son précieux  Festival de la correspondance …

La lecture en est digne:

https://soundcloud.com/user-678513909/lettres-de-beatrix-beck-et-roger-nimier

Béatrix Beck signfie à Roger Nimier sa reconnaissance d’avoir oeuvré pour sa naturalisation française   » La nationalité, c’est bien plus important que la vie. Serait-il  donc possible que ce prodige arrive réellement, après dix-huit ans de refus?  » (Lettre du 15 janvier 1955) 

Ce le  sera…. et Béatrix sera comblée, elle qui se jugeait  dépourvue de « nationalité (digne de ce nom)  » (lettre du 19 février 1954) …

Devancer la nuit, suivi de la correspondance avec Roger NImier. Béatrix Beck, Edition 

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