Benoit Philippon nous avait enchantés de son génial Mamie Luger, (Ed. Les Arènes, 2018) qui traçait les aventures et le tempérament de Berthe, une sérial « killeuse » centenaire. Il nous revient avec une nouvelle perspective tonique sur le grand âge mais aussi les réparations posthumes.
A savoir
Fraîchement décédé, Milan Monsieur, riche et célèbre star de la pop, précipite sa famille, sa femme et son amant, ses trois enfants, sa soeur et son neveu, son père et… infirmière, en une croisière funéraire, avec mission de répandre ses cendres en Islande, lors d’une aurore boréale. Il leur a, de surcroît concocté, une sorte d’escape game ou de jeu de piste, dont la résolution est directement liée à la perception de son héritage.
Les énigmes s’accumulent – les injures aussi – sur les têtes des protagonistes, tandis qu’Aurore, fille de Cristal et de Milan, medium et suicidaire récidiviste, entre régulièrement en contact avec le fantôme de son père, lequel aura grand besoin de cette complicité posthume pour tenter de réparer les dégâts que ses nombreuses absences, son manque d’implication familiale, ont opérés sur les siens.
» Des fois, on focalise un peu trop sur l’absence du père et on oublie la présence de la mère »
Et chacun – Jules, Lou et Aurore – de se pencher sur les désastres de son enfance, tandis que Gaspard, le grand-père, encore vert, s’interroge sur la plastique de sa sexagénaire d’infirmière.
Certains défunts ont l’art de vous « mener en bateau »
C’est le cas de le dire et cela donne un fameux coup de fouet à l’épopée, rocambolesque, quand ce n’est simplement le « mal de père »
Apolline Elter
L’étrange odyssée de la famille Monsieur, Benoît Philippon, roman, Ed. Albin Michel, février 2026, 368 pp – Ed Hardigan, avril 2026, texte intégral lu par Fleur Monharoul, durée d’écoute 8h 14 min.

