Les fleurs de l’ombre

 Audacieux, visionnaire (?) point ne l’espère… – le nouveau roman de Tatiana de Rosnay est sorti le 12 mars dernier,  à l’entame du confinement….

Il donne par moments froid aux yeux, tant il paraît adhérer à une certaine actualité.

L’argument:

Résolue à divorcer d’avec son second mari,  Clarissa Katsef,  écrivain franco-britannique,  a la grande chance d’investir un tout nouvel appartement, équipé d’une domotique de pointe, au sein d’une résidence pour artistes.

L’immeuble est érigé sur le quartier du mémorial, quartier dévasté après l’effondrement de « la Tour »…

D’emblée se crée un malaise en ces murs qui n’ont pas encore de mémoire … La jeune sexagénaire se sent épiée en ses moindres faits et gestes et le dialogue avec Mrs Dallaway, héroïne du célèbre roman éponyme de Virginia Woolf (1925) et  gouvernante domotique de l’appartement vire rapidement à l’aigre: Clarissa est-elle victime d’un programme expérimental?

Assurément.

« Elle ne pouvait plus bouger. La résidence l’avait vidée de sa sève. Elle n’était plus qu’une coquille vide »

Rassemblant quelques-uns des thèmes chers à Tatiana de Rosnay, le bilinguisme de l’écriture,  la mémoire des murs, l’hommage aux oeuvres et vies de Virginia Woolf et de Romain Gary , … le roman dénonce les méfaits d’une certaine intelligence artificielle, du dérèglement climatique en une vision certes apocalyptique …

Et à  la fois …

On ne peut plus jurer de rien…

Les fleurs de l’ombre, Tatiana de Rosnay, roman, Ed. Robert Laffont/Héloïse d’Ormesson, mars 2020, 336 pp

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