La splendeur des Brunhoff

 » Dans certaines familles, le talent se transmet de génération en génération. »

L’esprit de clan, l’amour, la solidarité, aussi .

Qui dit Brunhoff songe « Babar » – le célèbre éléphant –  roi débonnaire, monarque éclairé dont les aventures, en grands albums illustrés; ont ravi bien des lectures d’enfance..

Conçu de l’imagination de Cécile de Brunhoff, des histoires racontées à ses fils et  du trait de crayon de son époux, Jean de Brunhoff (1899-1937)   Babar voit le jour en 1931.  Vu son format hors normes, Hachette en a refusé l’édition; fort du soutien familial, il est publié aux éditions du « Jardin des modes » . Le succès est fulgurant,  qui invitera les éditions Hachette à revenir sur leur décision….   

Las Jean meurt jeune –  du mal de Pott (tuberculose osseuse)  à 37 ans- son fils Laurent sera amené à prendre sa succession.

Mais la saga ne se limite pas à celle de Babar. 

L’aventure, le destin de l’édition française du magazine  Vogue  sont liés à celui de Michel de Brunhoff (1892-1958), frère de Jean et de leur soeur aînée  Cosette, mariée à Lucien Vogel (1886-1954) , lui même fondateur du révolutionnaire magazine Vu.  La relation de leurs parcours est tout simplement époustouflante, draine dans son sillage l’histoire du Paris de l’entre-deux-guerres, celui de la relève d’après le conflit mondial. Ami, admirateur de Christian Dior, Michel propulse le jeune Yves Saint-Laurent sur le devant de la scène.

La famille paie aussi un lourd écot à la guerre. Fils de Michel et Marcelle, Pascal meurt, à 20 ans,  fin juin 1944, sauvagement fusillé par les Allemands. L’action résistante de Maïco as Marie-Claude Vaillant-Couturier, fille de Cosette et Lucien, lui vaut des années de déportation, dans les camps d’Auschwitz et Ravensvbruck, notamment.

Sous l’égide de Moritz, devenu Maurice et de Marguerite Meyer, parents  de Cosette, Jacques,  Michel et Jean,  Les Brunhoff forment une dynastie aux valeurs admirables

Yseult Wiliams leur rend hommage, d’un récit alerte, passionnant, porté sur quatre générations, détricotant aux passages, les légendes indues… ils n’en ont pas besoin

Elle nourrit sa relation des rencontres avec Marion (fille de Michel) et Mathieu (fils de Jean)  de Brunhoff, d’un accès privilégié aux archives familiales et de la publication d’un beau carnet de photos, au centre de l’ouvrage.

Une lecture hautement recommandée

La splendeur des Brunhoff, Yseult Williams,  essai, Ed. Fayard, octobre 2018, 364 pp

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *