Si le titre du nouvel et huitième roman de Serena Giuliano vous évoque la célèbre chanson de Domenico Modugno, ce n’est pas fortuit. L’autrice franco-italienne a pour habitude de nommer ses romans du titre de chansons italiennes.
Volare pour l’envol d’Ambre, son héroïne, atteinte d’une dépression, celui de Sylvain, le papillon azuré qui accompagne ses heures de solitude.
« C’est venu petit à petit, comme un nez qui coule et qui dégénère en bronchite parce qu’on a laissé traîner. D’abord, c’était de plus en plus difficile de me lever le matin. J’avais beau me coucher avec les poules, faire des siestes, un peu de yoga, prendre des vitamines et des bains chauds le soir, rien n’y faisait, et j’étais épuisée. Comme si je portais constamment une charge lourde sur les épaules. Je n’avais plus qu’une envie : dormir encore et encore, et encore juste un peu. Je voulais dormir, et que ça ne s’arrête jamais. »
Difficile d’identifier, l’état larvé, sournois qui préside à une dépression. La honte invite au déni.
« Avant de pratiquer la dépression, je n’avais pas conscience de ce qu’elle pouvait commettre comme dégâts. »
Ambre est conseillère d’éducation dans un collège près de Metz, pivot familial et fiable au sein de sa famille et de sa fratrie de …soeurs. Une vie naturellement tournée vers les autres, au point d’y confondre la sienne.
L’état s’installe, sournoisement écrasant, pallié de quelques antidépresseurs et de l’écoute patiente et consensuelle de Geneviève, sa psy issue de l’intelligence artificielle.
« Alors oui, Geneviève est une catastrophe écologique ; mais vu qu’en ce moment je ne me lave plus qu’un jour sur trois, ça contrebalance. Non ? »
Heureusement, il y a Manu(ella) son amie sicilienne, de chair, d’os et de tempérament :
« Lorsqu’on perd confiance en soi, il suffit parfois que quelqu’un y croie juste un peu à notre place. »
Manu prend le taureau par les cornes et envoie Ambre dans une retraite spirituelle en Sicile, auprès d’une sienne cousine
Pas du tout son truc
Quoique..
Un roman tonique qui affronte avec fraîcheur et un zeste de drôlerie, le sujet-tabou de la dépression
Un roman bienfaisant, assurément.
La belle lecture audiolivresque qu’en opère l’autrice, parsème le texte d’expressions et d’accent italiens des plus savoureux
Apolline Elter
Volare, Serana Giuliano, roman, Ed. Calmann Levy, mars 2026, 188 pp – Ed. Audiolib, mars 2026, texte intégral lu par l’autrice – durée d’écoute 3 h 31 min.


