« Nous, les hommes, on a beau paraître civilisés, on est comme eux : des bêtes sauvages et impatientes, enclines à la violence. »
De violence, il est question, dans le nouveau roman de Melissa Da Costa.
Un roman initiatique qui voit le jeune et rageur Tony M., 17 ans, échapper à la violence paternelle pour intégrer en « gadjo » la communauté tsigane du cirque Pulko,
Il s’agit de montrer patte blanche, se faire accepter de Chavo, le « Padre » et d’intégrer la loi des fauves, fascinants à souhait. D’intégrer aussi un univers tout entier basé sur la domination masculine – nous sommes à la fin du XXe siècle, on parle encore en francs et les portables n’existent pas.
Ainsi Tony gravit-il les échelons de la confiance du Padre et se voit bientôt confier le dressage d’Asia, une panthère nébuleuse.
« On ne peut pas devenir un bon dresseur sans peur. »
Largement imprégnée de l’univers circassien, de la dynastie familiale Gruss et des travaux, entre autres, de Nathalie Petiteau, Melissa Da Costa offre une nouvelle palette à son écriture. Une palette virile, surprenante, tonique, introspective et très bien agencée
« Tony observe les fauves et se demande ce qui retient ces cinq tueurs en puissance d’attaquer leur dresseur. De l’éventrer. Le traîner au sol. Qu’est-ce qui entrave leur instinct? Il ne peut s’agir seulement de la crainte du fouet ni du morceau de viande qui les attend en récompense à la fin de l’entraînement. Qu’est-ce que les fauves lisent dans le regard de Chavo ? Qu’est-ce qu’ils perçoivent dans sa voix ? Ils pourraient le mettre à mort mais ils ne le font pas. Chavo les conserve sous son emprise. Cet homme soumet les fauves à sa volonté et, en le faisant, c’est comme s’il leur volait leur puissance. »
Une lecture/ écoute..fascinante.
L’autrice rencontrera ses nombreux aficionados, à Bruxelles, lors de la 55e édition de la Foire du Livre – du 26 au 29 mars prochain (annonce sur ce site)
Apolline Elter
Fauves, Melissa Da Costa, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2026, 484 pp- Ed. Audiolib, janvier 2026, texte intégral lu par Xavier Baur. Durée d’écoute : 14 h 57 min.

