Mar-dites-moi Nadejda (3/4)

Troisième épisode de notre feuilleton épistolaire du mardi, consacré aux relations épistolaires de la baronne von Meck et de Piotr Ilitch Tchaikovski.

Nous sommes en 1878. Nadejda  a assisté à Paris, à une représentation de La Tempête et ressenti une émotion extrême.

Elle l’écrit à son compositeur:

« Dès qu’ont retenti les premières notes, on eût dit que la foule retenait son souffle… J’en oubliai totalement Paris, le public stupide, l’orgueil patriotique et le monde entier. Il n’y avait plus devant moi que La Tempête, l’amour et l’invisible auteur qui répandait autour de lui ces accords merveilleux, capables d’envoûter l’univers et de procurer à l’être humain une plénitude de félicité dans le bien et le ravissement. Oh! mon Dieu, je ne puis vous exprimer ce que je ressens lorsque j’entends vos œuvres. Je suis prête à vous offrir mon âme, vous devenez divin à mes yeux et je sens remonter du tréfonds de mon cœur tout ce qu’il peut y avoir en lui de plus noble, de plus pur et de supranaturel. »

Quand je vous dis que la baronne russe  est accro à la musique de son compatriote.

 La baronne et le musicien, Henri Troyat,  essai, Ed. Grasset, 2003

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