Yves Saint Laurent

 » Mon style ? Une Roll-Royce roulant doucement d’où s’échapperait un air de java »

Yves SaintLaurent ( 1936- 2008) nous quittait, voici dix ans, le 1er juin 2008

Pour l’occasion, Laurrence Benaïm  réédite la biographie qu’elle consacrait, en 2002 et 2010, au célèbre couturier.

De cette écriture alerte, vivante qui a ravi notre lecture de Jean-Michel Franck (Grasset, 2017- billet de faveur sur le site) , la biographe trace,  673 pages durant,  le portrait intime d’un personnage  pour le moins énigmatique. S’ensuivent une centaine de pages de repères chronologiques et une liste impressionnante de personnes remerciées.C’est dire l’ampleur de la tâche que l’auteur s’est assignée.

Né à Oran (Algérie), le 1er août 1936, au sein de la famille aisée des Mathieu-Saint-Laurent,  le fils spirituel de Coco Chanel et de Christian Dior vit une jeunesse choyée, dorée,   si l’on excepte son passage dans l’enseignement catholique et l’exclusion qu’il en ressent, parmi ses condisciples

Sensible au talent qu’il découvre dans ses dessins de mode, Christian Dior engage le (tout) jeune homme dès 1955, en son antre de l’avenue Montaigne.

Le « Roi-Soleil » de la mode s’éteint inopinément le 24 octobre 1957, propulsant le créateur à l’allure christique,  timide,  à la tête de ses collections. Yves a 21 ans.

II abandonne son patronyme de Mathieu et ses traits d’union  pour adopter celui d’Yves Saint Laurent , passé à  la postérité

Rencontre  Pierre Bergé,  lequel rompt avec Bernard Buffet, dont il gère l’ascension, la cote

De ce duo, de ses complémentarités, naît l’empire Yves Saint Laurent , les  boutiques Rive Gauche, le succès planétaire de certaines créations,  dont le mythique parfum « Opium »

Quarante années durant,  le « Johnny Halliday de la couture « va saisir, appréhender, prévenir, restituer l’esprit du temps et de la mode.

Ses robes naissent de gestes, les traduisent.  Elles sont portées par des égéries peu communes, telle Catherine Deneuve.

Mais rien ne peut  nous le rendre limpide:  s’il se met  (vraiment) à nu  – en 1991, provoquant le scandale parmi les âmes bien pensantes – , s’il entreprend de se livrer, il n’en devient que plus opaque, difficile à cerner

Et puis, il crée la surprise, le 7 janvier 2002, annonçant, au cours d’une conférence de presse, la fermeture de sa maison de couture.

Etayé du texte de la conférence de presse, de celui des entretiens accordés à l’auteur, le récit de vie nous mène au plus intime possible d’un être de génie, à jamais mystérieux

Apolline Eler

Yves Saint Laurent,  Laurence Benaïm, biographie, Ed. Grasset, 3e édition, 2018 – 752 pp

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