On ne va pas se le cacher, ni se targuer d’avoir lu Nietzche.
Tout juste sommes-nous fiers d’écrire son patronyme sans coquille.
Alors quand un bien sympathique – et court- essai nous propose un angle d’approche différent, original et musical, du célèbre et complexe philosophe, nous souscrivons en liesse à son propos. «
« Je me suis enivré de celui qui avait fini par signer ses lettres « Dionysos » »
Fasciné par Friedrich Nietzsche depuis plusieurs décennies – il en partage le prénom – l’essayiste s’est concentré sur la structure mélodique de ses écrits, la musicalité des phrases, leur cadence, n’hésitant pas à qualifier ses principaux ouvrages de symphonies. Et à le démontrer.
S’il commet lui-même quelques partitions – la plupart du temps inachevées – Nietzsche est loin d’être un grand compositeur. Il en conçoit au moins l’effet thérapeutique:
» De ma musique, je ne sais qu’une chose: elle me permet de maîtriser une humeur qui serait peut-être plus nocive si elle ne s’extériorisait pas. «
« Après six ans de complicité », Friedrich prend distance avec le couple Wagner et s’affranchit d’un Richard bien trop imbu de son talent et volontiers blessant à l’égard de son admirateur de la première heure. La musique, Nietzsche la veut « antique et méridionale » aux antipodes de l’ambition wagnérienne de « ressusciter les grands mythes germaniques ».
Elle représente surtout pour lui l’art suprême.
» La vie sans musique n’est qu’une erreur, une besogne éreintante, un exil »
Accablé de migraines, de souffrances et même d’une folie d’origine syphilitique, le philosophe passe les dernières années de quelque cinquante-cinq ans d’existence dans un état végétatif bien pathétique
Apolline Elter
Nietzsche au piano, Frédéric Pajak, essai, Ed. Noir sur Blanc, 2024 – Ed. Libretto, janvier 2026, 72 pp

