« Elle n’avait jamais imaginé alors, après tant d’années de paix, quand la guerre ne hantait plus que les souvenirs émus, à moitié tus, de grands-pères centenaires, que son fils, l’unique enfant qu’elle élèverait, lui serait pris par l’armée. Comme un dû, comme si la France lui rappelait d’un coup qu’elle avait droit de moisson sur toutes les graines poussées sur son territoire. »
Nous sommes en 2033: la France est régie par l’Extrême droite et entrée dans un état de guerre dont le front est encore contenu à l’Est de l’Europe.
Bigre
Parce que Nathan Durieux, fils unique de Marie et Nicolas, est sous le coup d’une condamnation pour méfaits mineurs, il est appelé à participer à la guerre en application de la « Loi Baron » et des sanctions contre les délinquants.
Une discrimination jugée inacceptable pour ses parents, qui engagent une avocate amie pour plaider son abstention. Ils tentent, partant, de réunir la somme astronomique requise pour financer d’une autre manière l’effort de la guerre.
— Pour une sanction que vos pairs ont souverainement estimée à un an, vous prononcez désormais une peine pouvant aller jusqu’à la mort !
Portée par un récit au présent, sobre, factuel, introspectif, terriblement crédible au regard de la situation actuelle cette « politique-fiction » est glaçante, des plus percutante.
On ne sort pas indemne de ce genre de lecture.
Et c’est le but des opérations.
Apolline Elter
Celui qui part, Caroline Lunoir, roman, Ed. JC Lattès, janvier 2026, 272 pp





































































































































































