les belles promesses

Les belles promesses s’enchaînent en ce début d’année.

En effet, votre site préféré subit un lifting drastique et arborera très prochainement son nouveau faciès

Pour votre plus grande liesse.

Pour l’heure, penchons-nous sur celles de Pierre Lemaitre: elles sont tenues, magistralement

A vous qui avez dévoré les trois volumes précédents des « Années glorieuses », à savoir, Le Grand Monde (janvier 2022), Le Silence et la Colère (janvier 2023)  et un Avenir radieux (janvier 2025), les chroniques et billet de faveur publiés sur ce site, réjouissez-vous de retrouver Geneviève Pelletier, plus perverse,  plus détestable que jamais- on ne s’en lasse pas – Jean,  as « Bouboule », son mari, quelque peu assagi, voire affermi, Colette,  leur fille, rebelle et mystérieuse et Philippe, son jeune frère, mal aimé.

C’est sur leur cellule familiale que se focalise le quatrième et dernier tome de la tétralogie.

Vous retrouverez aussi François, journaliste et écrivain promu observateur majeur des événements, Nine, son épouse, Hélène et Lambert, Angèle, leur maman dévouée et Thérèse, la sœur de Geneviève, exploitée par cette dernière comme bonne à demeure.

Sans oublier Joseph le chat, témoin perspicace des événements.

A noter que le roman peut se lire de manière autonome – les liens et rappels utiles égrènent subtilement la narration –  mais la saveur y perd en densité.

Venons-en aux faits- plongeons dans le mois de septembre 1963.

« Comment avait-il pu supporter cette femme depuis tant d’années ? C’est elle qu’il aurait dû tuer dès le début. »

La femme c’est Geneviève et, lui, c’est Jean, son mari, soumis, manipulé, méprisé, maltraité .

Mais voilà, si Bouboule avait trucidé Geneviève, comme cela nous démangeait tous, Joseph, le chat y compris, le récit en eût perdu sa saveur, son liant. Car le vil caractère de la matrone révèle, par contraste, les qualités de ceux qui ont la malchance de la côtoyer.

Et donc Jean a dévié sa rage assassine sur des victimes collatérales, c’est l’un des enjeux des tomes précédents…. ; l’enjeu de celui-ci est que François Pelletier commence à relier les meurtres  à travers les années et soupçonner son frère aîné de les avoir commis. La perspective est insoutenable et les affres de conscience, les investigations, magistralement décrites.

Le dilemme est glaçant : envoyer Jean à l’échafaud – la guillotine est encore en fonction – ou risquer de soumettre de nouvelles victimes à ses élans de rage incontrôlables.

Mais Jean est aussi un héros, qui sauve un nourrisson d’un incendie au péril de sa propre vie.

Enchaînant les événements, situations rocambolesques, dialogues toniques, tentatives de séduction, manipulation, corruption, dans l’ambiance et les gros chantiers du début des années soixante – telle la construction du périphérique parisien – et d’un malaise grandissant du monde agricole, incarné par le vaillant Manuel Ramos, Pierre Lemaitre démontre une nouvelle fois, son génie de conteur hors pair.

La lecture qu’il en opère lui-même pour l’édition audiolivresque est proprement jubilatoire

Bonne nouvelle pour les aficionados dont je suis : si la tétralogie des « Années glorieuses »  se clôt ici, elle sera suivie d’une nouvelle et dernière trilogie, centrée sur les années 1970-1990 et la génération de Colette, Philippe et leurs quatre cousins. Au total dix volumes, parcourant le 20e siècle, de la Guerre de 1914 à la chute du Mur de Berlin.

On n’en a donc pas fini des promesses et celles-ci sont tenues dans leur auguste beauté

Merci Pierre Lemaitre

Apolline Elter

Les belles promesses, Pierre Lemaitre, roman, Ed. Calmann-Lévy, janvier 2026, 512 pp – Ed. Audiolib, janvier 2026, texte intégral lu par l’auteur, durée d’écoute 12h28 min.

 

 

 

 

 

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