Le timbre égyptien

Le timbre égyptienSi la vocation d’un timbre est d’être passé à tabac –  cachetté, maculé, affranchi, ..défraîchi. – alors Parnok, l’anti-héros du roman d’Ossip Mandelstam (1927-28) est bien ce timbre égyptien qui parcourt les rues de Saint-Pétersbourg, en quête d’une « queue-morue » disparue, en cet été 1917 qui suit la Révolution de février.

« Parnok était un homme de l’avenue Kamennoostrovsky, une des rues les plus légères et les plus irresponsables de Saint-Pétersbourg. En 1917, après les journées de février, cette rue était devenue encore plus légère, avec ses blanchisseries à vapeur, ses boutiques géorgiennes où l’on vendait le cacao qui devenait rare, et les autos lancées à folle allure du gouvernement provisoire. »

Une atmosphère surréaliste, des métaphores à foison et la fièvre « gogolienne » d’un petit bonhomme qui s’excite à travers les rues pétersbourgeoises, telle est la trame de ce roman – l’unique du poète Ossip Mandelstam’  – assez révélateur de l’atmosphère  pulvérisatrice des années ’20… russes.

Apolline Elter

Le timbre égyptien, Ossip Mandelstam (1928), traduit du russe par Georges Limbour et DS Mirsky, éd. Le bruit du temps, 2009, 128 pp, 11 €

Tandis que juillet entame sa carrière et ses grandes vacances, notre blog se fait relai de publications plus anciennes et d’une approche – timide – de cette littérature russe mise à l’honneur au cours du Festival de la Correspondance de Grignan.

Bonnes Estivales de l’Ermitage!