Danser au bord de l’abîme

9782709659567-001-X_1.jpeg« C’est là, dans un décor semblable à un film de Sautet, dans le coup de feu d’une brasserie à l’heure du déjeuner, dans le bruit de la vaisselle, le brouhaha des conversations, que ma vie a basculé. Là que j’ai vu cet homme. »

Emma a tout pour être heureuse. Et il se fait qu’elle l’est. La quarantaine avenante, un mari, trois enfants, … une existence paisible, aisée, à Bondues, près de Roubaix.

Enclenchée de chapitres comptés à rebours, la  « mécanique du désastre » va faire voler en éclats famille et vie par trop convenue. D’un simple et furtif regard porté à un homme, marié lui aussi…

Est-ce cela la liberté? 

A l’instar de  la chèvre de Monsieur Seguin – dont l’ombre précède la narratrice et e célèbre conte issu des Lettres de mon moulin (Alphonse Daudet)  nous est donné – cadeau – à la fin de la narration- Emma va jouer avec le feu, s’offrir au loup.

Mais là encore, rien ne se passe comme convenu…

Doté d’une structure tripartite, de chapitres courts, dynamiques et d’une poétique particulièrement soignée – Grégoire Delacourt a travaillé la langue, sa musicalité – le roman s’articule autour de l’Eros/Thanatos, de l’amour et de la mort,  de leur fatalité, qui poursuit, nous semble-t-il, la réflexion entreprise dans On ne voyait que le bonheur ( Ed JcLattès, 2014) 

Avec cette différence, cette prouesse .., que cette fois, le narrateur est une femme.

Et cette conviction que Grégoire Delacourt a mis beaucoup de lui en cette écriture

Apolline Elter

Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt, roman, Ed. JcLattès, janvier 2017, 320 pp