» Je marche vers elle »
Incipit et excipit conjoints de ce récit d’hommage à Hélène Gagarine( 1929-2025) sa soeur décédée l’an passé, la (dé)marche qu’entreprend Macha Méril est de tracer un portrait au plus juste de ce qu’elle fut, de sa vérité.
» Elle est partie pour que je continue à vivre avec elle, avec ses enseignements, son amour qui est le précepte suprême, le sommet de la montagne, le but et la solution absolus. »
Partant, la célèbre comédienne se peint-elle en substrat via la belle relation entretenue avec sa soeur aînée et le sang russe et princier qui coule dans leurs veines.
» Si devais définir le comportement aristocratique, je dirais que c’est de ne faire aucune évaluation morale ou sociale entre les personnes »
Ce en quoi la princesse, monteuse de films de son métier, excellait, « aussi amicale avec les commis qui transportaient les bobines qu’avec le directeur de production ou le distributeur. »
Et Macha Méril de lui décerner la « palme de l’amitié », de la bienveillance intrinsèque.
« La place d’Hélène était cruciale pour moi. Elle incarnait nos racines sans contester mes manières d’y échapper pour m’inscrire dans le monde nouveau où je me débats. »
Les jours sont comptés, la douleur, intenable.
» La fin a été gracieuse et pudique. Son coeur a lâché entre deux phrases d’humour sur la population nombreuse qui attendait comme elle dans la salle des urgence. Son coeur a pris la bonne décision: elle était condamnée à des souffrances intolérables, (…) »
Celui de l’écrivaine aussi, qui « tend la main (…) à ceux qui ont perdu des êtres chers »; nous invite à connaître, Hélène, à l’admirer et entrer en sympathie.
A la soutenir dans un projet de film dont sa soeur avait approuvé le scénario ainsi que l’écriture d’un livre gourmand centré sur le langage qu’est la cuisine, émetteur de « messages codés aux papilles, aussi variés que ciblés »
Notre curiosité est avivée
Apolline Elter
Je marche vers elle, Macha Méril, récit, Ed. Albin Michel, 144 pp

