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Les Jardins d’Annevoie

9 mai 2026

 « C’est à l’âge de 41 ans que Charles-Alexis de Montpellier entame la création des Jardins d’Annevoie. Instruit en génie hydraulique et maître des forges, ce dernier jouit d’une grande expertise qui lui permet d’acheminer et de maîtriser les eaux au profit de ses créations. Plusieurs voyages à travers l’Europe le marquent profondément et le stimulent dans la création de ses propres jardins. »

Nous sommes en 1758 et, récemment anobli – en 1743 –  par la future impératrice du Saint Empire romain de la nation germanique, j’ai nommé Marie-Thérèse d’Autriche, Charles-Alexis cède à l’engouement rousseauiste très XVIIIe, d’un retour à la nature, adapté à la configuration des lieux.

    « Le grand fontainier »  en profite pour transformer la propriété familiale en château. L’oeuvre, gigantesque, est poursuivie d’harmonie mais aussi d’influences diverses, italienne, française, anglaise,… par ses descendants et en premier chef, son fils Nicolas-Charles. Le domaine est aujourd’hui- depuis 2017 –  propriété emphytéotique d’une dynamique fondation familiale créée par Ernest Tom Loumaye et son épouse Anne-France.

D’harmonie, il est question aussi dans l’intégration réussie entre nature, statutaire et architecture. Une osmose dont l’évidence est fruit de projets, réflexions, importantes mises de fonds et luttes contre des éléments contraires, telles les guerres, tempêtes, sécheresses à répétition,  inondations dont la dernière, de triste mémoire, dévasta la Wallonie en juillet 2021.

L’équilibre entre maîtrise et liberté de la Nature, entre vocation touristique et préservation, restauration du patrimoine, respect des obligations dues aux classements, labels. répartition des eaux de sources….n’est pas long fleuve tranquille. Demande une vision à long terme. Celle-ci s’assume écologique.

Le domaine se dote, de surcroît, depuis 2023;  d’un vignoble certifié bio.

Nul doute qu’à la découverte de ce joyau de lecture et de photographies sublimes, vous ne vous précipitiez, séance et faveur du week-end tenants, pour une visite familiale, magique et sensorielle des Jardins, prêtant l’oreille aux musiques particulières des tronçons d’eau, allées et de la faune.

Un livre à (s’)offrir.

Apolline Elter

Les Jardins d’Annevoie- Joyau des jardins d’eau, Michel Fautsch, beau livre, Ed. Racine, mars 2026, 192 pp

Billet de faveur

 AE, Michel Fautsch, vous êtes bioingénieur et photographe du vivant. Comment êtes-vous entré en contact avec les propriétaires du domaine ?

Michel Fautsch : Avant de travailler sur les Jardins d’Annevoie, j’ai publié un livre sur la Vallée du Burnot avec là aussi une longue immersion préalable qui m’a permis de révéler les beautés et les fragilités de cette vallée peu connue. Une vallée qui intéressait justement les propriétaires du domaine d’Annevoie qui m’ont contacté pour en savoir plus sur sa diversité cachée. De fil en aiguille, la mise en lumière écologique, paysagère et historique des Jardins d’Annevoie s’est imposée et on a collaboré étroitement jusqu’à parvenir à la sortie de ce livre qui interroge aussi sur la gestion future du domaine pour une intégration encore plus forte de la biodiversité présente.

AE : Posséder un tel patrimoine impose beaucoup de charges et de générosité car la vocation touristique prive les résidents d’intimité.

Michel Fautsch : Vous avez raison, vivre au contact quotidien d’un patrimoine aussi riche et unique est forcément un plaisir mais implique aussi une responsabilité immense pour ses propriétaires. Les jardins sont d’ailleurs ouverts au public depuis 1930 déjà ! L’intense campagne de restauration entamée en 2017 et qui se poursuit aujourd’hui encore consacre la volonté des propriétaires de recréer les ambiances et paysages originaux et de les faire découvrir à un public toujours aussi nombreux. C’est une réelle chance pour toute la région qui bénéficie de l’attractivité du lieu et c’est aussi une opportunité pour sensibiliser à la beauté fragile du vivant.

 

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