Quatrième de couverture (2/2)

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Vous aurez donc  découvert avec joie et intérêt – je l’espère – les nombreuses chroniques d’une rentrée littéraire bellement féconde. 

Quelques monticules d’ouvrages attendent, toujours patientant,  un prêté de regard – et plus si affinités..

Je vous en livre déjà les arguments, extraits des sites de leurs éditeurs.

Et vous souhaite une excellente vendredi férié

 

 Les Roses blanches -

Pour raconter une vie bien remplie mais ratée, il en faut de l’humour. Surtout quand il s’agit d’un être proche.

 Gil Jouanard relate l’épopée picaresque et pathétique de Juliette, née dans le Gévaudan du début du xxe siècle, l’un des endroits les plus reculés de la galaxie européenne. Ou comment une quasi-esclave, bergère à huit ans, s’invita une décennie plus tard à la fête du Front Populaire. Puis, au fil des mariages, à l’idyllique Far East Américain et à l’Allemagne profonde de l’après-guerre. Car la rage de vivre de Juliette lui ouvrit toutes les portes, sauf la seule qui sauve, celle qui mène à soi-même.

 Dans les circonvolutions de sa plume, le poète Gil Jouanard cache un sourire qui ressemble à de l’amour et à de la sagesse. Il donne une portée universelle à son deuxième « roman vrai » : une fresque hilarante à force de bagout, au vibrato pourtant déchirant, en hommage à tous les sans-culture.

Les roses blanches, Gil Jouanard, roman, Ed. Phébus, août 2016, 320 pp

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 L'éveil« Je dois y retourner, c’est insupportable de le savoir ici, lui qui marche et vit non loin. Non, il ne s’agit pas encore de l’éveil, du vrai, c’est mon attention seule qu’il éveille pour l’instant, et c’est en dessous, plus loin, que nous allons éclore et tomber et rouler. Je suis à l’orée de l’éveil. »

La scène est à Hanoi, au Vietnam, dans les ruelles surchauffées. Cela se passe aujourd’hui, mais ce pourrait être il y a longtemps. C’est une histoire d’amour, dont les personnages sont deux garçons et deux filles, dont les voix s’entrechoquent. C’est une histoire d’amour, douloureuse et sensuelle, où les héroïnes ne font que traverser le tumulte de la ville, et se cachent dans l’ombre protectrice des chambres.
C’est un premier roman d’exception. Et l’acte de naissance d’un écrivain »

L’éveil, Line Papin, roman, Ed. SQtock, août 2016, 256 pp

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téléchargement.jpgPalerme, années 1980. Comme tous les garçons de son âge, Davidù, neuf ans, fait l’apprentissage de la vie dans les rues de son quartier. Amitiés, rivalités, bagarres, premiers émois et désirs pour Nina, la fillette aux yeux noirs qui sent le citron et le sel, et pour laquelle il ira jusqu’à se battre sous le regard fier de son oncle Umbertino. Car si Pullara, Danilo, Gerruso rêvent de devenir ouvrier ou pompiste comme leurs pères, Davidù, qui n’a pas connu le sien, a hérité de son talent de boxeur.
 
Entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance, Davide Enia, finaliste du prix Strega, tisse le destin d’une famille italienne, de l’après-guerre aux années 90, à travers trois générations d’hommes dont le jeune Davidù incarne les rêves. Entremêlant leurs histoires avec brio, il dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et de ceux qui l’habitent.
 
Sur cette terre comme au ciel, Davide Enia, roman traduit de l’italien par Françoise Brun, Ed Albin Michel, août 2016, 416 pp
 
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 Quatrième de couverture (2/2)« Comment éprouve-t-on la souffrance de l’autre ? Qu’est-ce que ressentir la douleur d’autrui, sachant que cette douleur peut être acceptée, déformée ou contrefaite ? En se confrontant à la douleur – la sienne et celle des autres, simulée ou réelle –, Leslie Jamison découvre la nécessité pressante, personnelle et culturelle de ressentir. À partir d’expériences vécues, elle explore la question en étendant son champ de curiosité bien au-delà de son cas particulier : de sa pratique d’actrice médicale – payée pour feindre des symptômes que les étudiants en médecine doivent diagnostiquer – à son agression au Nicaragua, d’une réunion de personnes pensant être atteintes d’une même maladie imaginaire au Los Angeles des gangs, de la téléréalité à l’expérience de la prison.
Dans ce recueil de textes virtuoses et audacieux qui tiennent à la fois de l’essai, des Mémoires, de la critique littéraire et du journalisme d’investigation, Leslie Jamison interroge avec grâce et humilité une dimension essentielle de notre rapport à l’autre.« 
 
Examens d’empathie, Leslie Jamison, essai traduit de l’anglais (USA) par Emmanuelle et Philippe Aronson, Ed. Pauvert, sept. 2016, 336 pp
 
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Anna
« Sicile, 2020. Un virus mortel, « la Rouge », a déferlé sur l’Europe quatre ans auparavant et décimé la population adulte ; les jeunes, eux, sont protégés jusqu’à l’âge de la puberté. Anna se retrouve seule avec Astor, son petit frère de quatre ans.
Elle doit affronter le monde extérieur avec ses cadavres, ses charognards, ses chiens errants et affamés, l’odeur pestilentielle, pour trouver, quand il en reste, des médicaments, des bougies, des piles, des boîtes de conserve, avec comme unique guide dans cette lutte pour la survie, le cahier d’instructions que lui a légué leur mère avant d’être emportée par la maladie.
Lorsqu’Astor disparaît, Anna part à sa recherche, prête à défier les bandes d’enfants sauvages qui errent à travers les rues désertes, les centres commerciaux et les bois. Mais l’ordre appartient au passé et les règles d’autrefois ont été oubliées. Pour réussir à sauver Astor, Anna va devoir en inventer de nouvelles, parcourant ce monde à l’abandon où la nature a repris ses droits, ne laissant que les vestiges d’une civilisation qui a couru à sa propre perte.
Une véritable odyssée des temps modernes où s’entremêlent lumière et ténèbres, un duel permanent entre la vie et la mort. « 
 
Anna, NiccolÒ Ammaniti, roman traduit de l’italien par Myriam Bouzaher, Ed Grasset, septembre 2016, 320 pp
 
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Fils du feu
 
Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.
Dans une langue splendide, Guy Boley signe ainsi un premier roman stupéfiant de talent et de justesse.     
 
Fils du feu, Guy Boley, roman, Ed. Grasset, août 2016, 160pp
 
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Le cri
 Lorsqu’elle pénétra dans son bureau, la première chose que Blache ressentit fut de l’exaspération : une exaspération immédiate, entière, sans autre goût que la pure exaspération. Il n’aimait pas les femmes de pouvoir et pour lui, une femme médecin ne pouvait pas ne pas être une femme de pouvoir. Quelque chose d’elle lui faisait peur et il ne savait pas quoi ; mais il savait aussi que, très probablement, il ne le saurait jamais. »
Au moment où ce récit commence, Lil Servinsky, métisse anglo-rwandaise de trente-cinq ans, médecin, embarque pour la première fois à bord du Septentrion, un navire renifleur de pétrole. La jeune femme a fait de l’errance sur les océans son seul territoire. Mais sa relation très particulière au monde fera bien vite naître et croître des haines incontrôlables dans cet univers essentiellement masculin et clos sur lui-même. 
 
Le cri,  Thierry Vila, roman, Ed. Grasset, août 2016, 272 pp
 
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Un travail comme un autre On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » 

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

« Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. »
Kevin Powers.

 
Un travail comme un autre, Virginia Reeves, roman traduit de l’anglais (USA) par Carine Chichereau, Ed. Stock, août 2016, 344 pp
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Drôle et poignante, l’histoire d’une famille camerounaise émigrée à New York. Porté par une écriture à la fraîcheur et à l’énergie exceptionnelles, un roman plein de générosité, d’empathie et de chaleur sur le choc des cultures, les désenchantements de l’exil et les mirages de l’intégration. Un pur joyau, par une des nouvelles voix afropolitaines les plus excitantes du moment.
L’Amérique, Jende Jonga en a rêvé. Pour lui, pour son épouse Neni et pour leur fils Liomi. Quitter le Cameroun, changer de vie, devenir quelqu’un. Obtenir la Green Card, devenir de vrais Américains.
Ce rêve, Jende le touche du doigt en décrochant un job inespéré : chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers.

Au fil des trajets, entre le clandestin de Harlem et le big boss qui partage son temps entre l’Upper East Side et les Hamptons va se nouer une complicité faite de pudeur et de non-dits.

Mais nous sommes en 2007, la crise des subprimes vient d’éclater. Jende l’ignore encore: en Amérique, il n’y a guère de place pour les rêveurs…

Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue, roman traduit de l’anglais (Cameroun) par Sarah Tardy, Ed. Belfond,  août 2016, 440 pp
 
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« Du monde secret que j’ai connu jadis, j’ai essayé de faire un théâtre pour les autres mondes que nous habitons. D’abord vient l’imaginaire, puis la quête du réel. Et ensuite retour à l’imaginaire, et au bureau devant lequel je suis assis à cet instant. » John le Carré

Depuis ses années de service dans le renseignement britannique pendant la Guerre froide jusqu’à une carrière d’écrivain qui l’emmena du Cambodge en guerre à Beyrouth après l’invasion israélienne de 1982, en passant par la Russie avant et après la chute du mur de Berlin, John le Carré s’est toujours placé au cœur de notre histoire contemporaine. Dans ce livre de mémoires inédits, il relate d’une plume aussi incisive que drolatique et avec la subtilité morale qui caractérise ses romans les événements dont il fut le témoin. Qu’il décrive le perroquet d’un hôtel de Beyrouth imitant à la perfection le crépitement des mitraillettes ou les premières notes de la Cinquième de Beethoven, sa découverte des charniers du génocide rwandais, son réveillon du Nouvel An 1982 avec Yasser Arafat, la sagesse du génial physicien Andreï Sakharov, sa rencontre avec deux anciens chefs du KGB ou avec l’humanitaire française qui lui inspira l’héroïne de La Constance du jardinier, son regard est souvent caustique, toujours pénétrant.

Mais surtout John le Carré nous dévoile son parcours d’écrivain sur plus de six décennies et sa quête infatigable de l’étincelle humaine qui a insufflé tant de vie et de cœur à ses personnages de fiction.

John le Carré, né en 1931, a étudié aux universités de Berne et d’Oxford, enseigné à Eton, et a été membre du service du renseignement britannique pendant la Guerre froide. Il se consacre à l’écriture depuis plus de soixante ans et partage sa vie entre Londres et la Cornouailles.

 Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin

Isabelle Perrin, que tout destinait à une sage carrière universitaire, contracte le virus de la traduction littéraire auprès de sa mère Mimi. Les incurables duettistes cosigneront plus de trente traductions, dont tous les romans de John le Carré depuis La Maison Russie.

Le tunnel aux pigeons- Histoires de ma vie, John Carré, témoignage traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin, Ed Seuil, oct. 2016, 384 pp