Karl et moi

« Dès ma première rencontre avec cet homme sophistiqué, apprêté, réputé impressionnant, je l’ai trouvé si simple. Sans jouer aucun rôle, se contentant d’être lui‑même. Son rôle, c’était lui. il ne prenait pas un genre ni aucun biais, à la fois ouvert, pressé, attentif et bienveillant. »

Ce qui frappe dans ce récit  d’une intimité de dix ans, partagée avec Karl Lagerfeld ( +/- 1933- 2019) , c’est le naturel,  l’enthousiasme contagieux  par lequel Baptiste Giabiconi évoque son père spirituel.

Lorsque le jeune mannequin marseillais – d’origine corse – rencontre le « Kaiser », il a dix- huit ans – nous sommes le 8 juin 2008. Le styliste le prend illico sous son aile, en fait l’égérie de Chanel , le sujet de plus de dix mille photos artistiques . Et de le gâter avec cette générosité sans bornes qui est sa signature.  Propulsé « pretty man »,  Baptiste accueille avec reconnaissance cette entrée dans une Jet Set dont il découvre les codes et le luxe inouï. S’il fait, à un moment, une sorte de « crise d’adolescence », prend ses distances vis-à-vis de son aïné, Baptiste lui voue un amour sincère et pérenne. Il ne s’encombre pas de tabous, exprime les situations avec une simplicité qui confine à  une  candeur exquise.  C’est sans doute cet alliage de beauté et d’une certaine pureté qui a séduit Karl malgré les différences sociales et d’âge qui séparent les deux hommes

 » Je l’ai assez connu sous son allure et son masque, cet orgueil de ne jamais trahir une faiblesse, pour déceler parfois son épuisement. Peu de gens le percevaient. Son visage se fermait, figé, légèrement tombant. Ses gestes se faisaient plus mécaniques, sa parole, plus terne. C’était rare mais troublant. Sur dix ans, son énergie m’a bluffé au point d’oublier un âge dont il ne parlait jamais. mais un homme sur la fin peut de moins en moins tricher. avant sa dernière année, il me semblait à la fois jeune et vieux, c’est‑à‑dire frais et sage, intemporel et donc… immortel.

Un récit truffé d’anecdotes sympathiques, bienveillantes

L’approche inédite d’un être resté énigmatique

Apolline Elter

Karl et moi,   Baptiste Giabiconi,  témoignage,  avec la collaboration de Jean-François Kervéan,  Ed. Robert Laffont,  février 2020,

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